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Mariage Princesse

Le mariage de Nicolas II et d'Alexandra Feodorovna : des noces en deuil au palais d'Hiver

Russie impériale

Le 14 novembre 1894 selon le calendrier julien (26 novembre grégorien), le nouveau tsar épouse Alix de Hesse dans la Grande Église du palais d'Hiver. Des noces sans lune de miel, célébrées sous le deuil de cour.

Tableau de Laurits Tuxen représentant le mariage de Nicolas II et d'Alexandra Feodorovna dans la Grande Église du palais d'Hiver, version de l'Ermitage
Laurits Tuxen, « Le mariage de Nicolas II et d'Alexandra Feodorovna », 1895 (Ermitage). Domaine public, via Wikimedia Commons.
N & A

Acte de mariage

Date
14 novembre 1894 (26 novembre 1894 dans le calendrier grégorien)
Lieu
Grande Église (chapelle impériale) du palais d'Hiver, Saint-Pétersbourg
Robe
Robe de cour russe en tissu d'argent, longue traîne bordée d'hermine, manteau en drap d'or
Diadème
Couronne nuptiale impériale de diamants, collier de 475 carats ayant appartenu à Catherine II
Invités
Christian IX de Danemark, le prince et la princesse de Galles, Georges Ier et Olga de Grèce, Ernest-Louis de Hesse
Officiant
L'archiprêtre Ioann Ianychev, confesseur de la famille impériale

Le 26 novembre 1894, à 12 h 10, la procession d’entrée pénètre dans la Grande Église du palais d’Hiver à Saint-Pétersbourg, tandis que les canons de la forteresse Pierre-et-Paul tirent des salves. Le tsar Nicolas II, vingt-six ans, va épouser Alexandra Feodorovna, la princesse Alix de Hesse, vingt-deux ans. Le mariage, prévu pour le printemps suivant, a été avancé de plusieurs mois : le père du marié, Alexandre III, est mort le 1er novembre. C’est donc un mariage de deuil, sans réception ni voyage de noces, et pourtant l’un des plus décrits de la dynastie.

Il est aussi l’un des mieux documentés des noces impériales russes. Cet article suit la journée de la toilette à la sortie de la chapelle, signale les points sur lesquels les sources divergent, et dit ce que sont devenus les époux. C’est la dernière des quatre noces Romanov que raconte notre panorama des mariages de la Russie impériale.

Deux calendriers, un jour

Le 26 novembre 1894 est la date grégorienne. En Russie, où le calendrier julien reste en vigueur jusqu’en février 1918, on écrit le 14 novembre. L’écart est alors de douze jours, ce qui donne quelques repères utiles.

Événement Julien Grégorien
Mort d’Alexandre III à Livadia 20 octobre 1894 1er novembre 1894
Mariage de Nicolas II et d’Alexandra 14 novembre 1894 26 novembre 1894

Le 26 novembre est aussi l’anniversaire de l’impératrice douairière, Maria Feodorovna, la princesse Dagmar de Danemark, née le 26 novembre 1847 : le choix de cette date doit alléger le deuil.

De Cobourg à Livadia : un mariage avancé par la mort d’un tsar

L’histoire de ces noces commence huit mois plus tôt, dans une petite ville allemande, et se joue en partie à l’ombre de la maladie d’Alexandre III.

Les fiançailles de Cobourg

Nicolas a rencontré Alix pour la première fois dix ans plus tôt, en 1884, à Saint-Pétersbourg, lors du mariage de la sœur d’Alix, Élisabeth, avec son oncle le grand-duc Serge. Le 19 avril 1894, il est à Cobourg pour le mariage d’Ernest-Louis de Hesse, frère d’Alix, avec leur cousine Victoria-Mélita de Saxe-Cobourg-Gotha, où se trouvent aussi la reine Victoria et l’empereur d’Allemagne Guillaume II. Il a obtenu de ses parents, d’abord opposés à ce choix, la permission de demander la main d’Alix, l’une des petites-filles préférées de la reine Victoria.

Alix, luthérienne fervente, a grandi dans une famille éprouvée : son frère Friedrich, hémophile, est mort en mai 1873 après une chute, alors qu’elle avait un an, et sa mère, la princesse Alice, est morte en 1878. Elle refuse d’abord la demande de Nicolas parce qu’elle rechigne à se convertir. Son cousin Guillaume II vient lui dire qu’il est de son devoir d’épouser Nicolas, et sa sœur Élisabeth insiste : les différences entre luthéranisme et orthodoxie ne sont pas si nombreuses. À l’instigation du Kaiser, Nicolas renouvelle sa demande, qui est acceptée.

Le deuil et le choix de la date

Alix arrive à Livadia quelques jours avant la mort d’Alexandre III. Elle est reçue dans l’Église orthodoxe le lendemain, 2 novembre, sous le nom d’Alexandra Feodorovna : elle aurait souhaité s’appeler Catherine, Nicolas demande Alexandra. Les obsèques durent près de deux semaines de liturgies orthodoxes et un cortège qui mène le cercueil de Crimée à Saint-Pétersbourg en passant par Moscou. L’inhumation d’Alexandre III a lieu à la forteresse Pierre-et-Paul le 18 novembre. Le mariage, lui, aura lieu huit jours plus tard : huit jours après l’inhumation, vingt-cinq jours après la mort. On lit parfois « trois semaines après les funérailles » : c’est inexact.

Le mariage était prévu au printemps 1895, avec une semaine de célébrations publiques. Nicolas souhaitait se marier à Livadia avant les obsèques, ce à quoi sa mère consentait. Ses oncles Vladimir, Alexis, Serge et Paul imposèrent Saint-Pétersbourg, au nom du rang du nouveau tsar. La date retenue fut le 26 novembre, anniversaire de l’impératrice douairière, de façon à alléger le deuil. Nicolas avait aussi voulu une cérémonie intime ; ses oncles le convainquirent d’inviter le corps diplomatique à assister aux cortèges.

Le matin du 26 novembre : du palais Anitchkov au palais d’Hiver

À 11 h 30, Nicolas quitte le palais Anitchkov en landau découvert, en compagnie de son frère Michel, seize ans, pour rejoindre le palais d’Hiver. Peu après, sa mère part en voiture fermée pour le palais Sergueïevski, résidence du grand-duc Serge et d’Élisabeth, dont le mariage de 1884 est raconté ailleurs, afin d’y chercher Alexandra et de la conduire au palais d’Hiver.

La toilette se déroule dans la salle de Malachite, que l’architecte Alexandre Briullov avait conçue à la fin des années 1830 comme salon de réception de l’impératrice. Selon la tradition, les épousées Romanov y sont habillées avant de passer, par la salle arabe voisine, à la Grande Église.

La baronne Buxhoeveden, dans ses mémoires publiés en 1928, rapporte les détails de cet habillage (source unique, que nous donnons à ce titre). Alix est coiffée de longues boucles latérales devant le célèbre miroir doré de l’impératrice Anna Ioannovna, devant lequel toute grande-duchesse se coiffe le jour de ses noces. Les premières habilleuses lui remettent les joyaux, présentés sur des coussins de velours rouge. L’impératrice douairière place elle-même sur sa tête la couronne nuptiale de diamants.

Alexandra Feodorovna en robe de mariée, photographie du 26 novembre 1894
Alexandra Feodorovna en robe de mariée, photographie d'A. Pasetti, Saint-Pétersbourg, 26 novembre 1894 (14 novembre julien). Domaine public, via Wikimedia Commons.

La robe : une toilette de cour, pas une robe « occidentale »

Alix ne porte pas une robe blanche de style occidental, mais la robe de cour russe. Les sources divergent sur sa matière : le témoignage de la baronne Buxhoeveden la décrit comme un « tissu d’argent véritable », avec une immense traîne bordée d’hermine, tandis que le site tsarnicholas.org, à l’occasion du 130e anniversaire, parle d’une soie blanche à fleurs d’argent. Le manteau impérial est en drap d’or doublé d’hermine.

Le dessin de la robe serait d’après un croquis de sa sœur Élisabeth (une seule source), et aucun atelier ni couturier n’est identifié. Contrairement à l’usage, selon lequel les épousées donnaient leur robe à l’Église, Alexandra l’aurait gardée : la robe est attribuée à l’Ermitage, « visible dans une exposition » d’après Russia Beyond et tsarnicholas.org, sans qu’une fiche de musée ait pu être consultée. La cour y aurait vu un mauvais présage.

Les bijoux et la couronne nuptiale

Les joyaux d’Alexandra sont impressionnants et bien décrits :

  • la couronne nuptiale impériale des Romanov, en diamants ;
  • un collier de 475 carats et des boucles d’oreilles ayant appartenu à Catherine II ;
  • l’étoile et le cordon de l’ordre de Saint-André ;
  • un voile en dentelle de Honiton conçu par le prince Albert, son grand-père maternel, déjà porté aux noces de sa mère la princesse Alice et de ses sœurs.

Le voile est « conçu » par le prince Albert et non fabriqué par lui : la nuance compte.

La couronne nuptiale est conservée aux États-Unis. La fiche officielle du musée Hillwood, à Washington, décrit une couronne d’argent et de diamants, fabriquée à Saint-Pétersbourg, dont la date est donnée entre 1767 et 1884. Elle comprend six bandes d’argent surmontées d’une croix de six gros diamants et environ 1 535 diamants taille ancienne, issus d’un pourpoint du grand-duc Paul Petrovitch. Hillwood précise qu’Alexandra l’a portée à son mariage en 1894 (fiche de la couronne nuptiale sur le site du musée Hillwood).

Cette couronne ne doit pas être confondue avec le diadème nuptial conservé au Fonds de diamants du Kremlin, ni avec la grande couronne impériale : trois objets distincts. Après 1917 elle est vendue par le pouvoir soviétique, en 1926 ou 1927 selon les sources, puis rachetée par Marjorie Merriweather Post en 1966 d’après Russia Beyond, et léguée à Hillwood en 1973 (ce legs, lui, est établi). Notre article sur les diadèmes de mariage royaux la replace dans l’histoire des parures nuptiales.

Le rite orthodoxe, tel qu’il fut célébré

À 12 h 10, la procession entre dans l’église. L’impératrice douairière la conduit en accompagnant sa future belle-fille ; Nicolas marche derrière eux en uniforme de hussard, avec ses décorations et le cordon orange de l’ordre de Hesse. Les parents étrangers suivent, le roi Christian IX de Danemark en tête.

L’officiant et l’échange des bagues

L’officiant est l’archiprêtre Ioann Ianychev, confesseur privé de la famille impériale et chef du clergé du palais, assisté d’autres ecclésiastiques. Une fois les époux montés sur l’estrade, les bagues sont présentées sur un plateau et bénies, puis l’archiprêtre annonce les fiançailles à l’assistance. La bague est échangée trois fois. Nicolas et Alexandra s’agenouillent et échangent leurs vœux ; les garçons d’honneur, les grands-ducs Michel et Cyrille Vladimirovitch, Serge Mikhaïlovitch et le prince Georges de Grèce, tiennent les couronnes nuptiales au-dessus de leurs têtes. On remarque ce détail : les couronnes ne sont pas posées sur les têtes, comme dans la pratique grecque, mais tenues au-dessus.

Puis vient le tour du lutrin, le baiser de la croix d’or, et les cloches de toute la ville mêlent leur son aux salves de la forteresse. Pour le sens de chacune de ces étapes, on se reportera à l’entretien avec une historienne du cérémonial des noces impériales russes.

Mariée en robe de cour argentée et manteau de velours rouge bordé d'hermine, dans une salle à colonnes de malachite
Évocation de la toilette nuptiale d'une grande-duchesse : robe d'argent, manteau bordé d'hermine et petit diadème, dans un décor de malachite.

Le sens du rite, étape par étape

Le rite orthodoxe associe deux offices accolés. Le premier est celui des fiançailles : bénédiction et échange des anneaux, répétés trois fois. Le second est le couronnement : le prêtre couronne l’époux, puis l’épouse, en prononçant trois fois la formule « le serviteur de Dieu est couronné pour la servante de Dieu ». Suivent la jonction des mains, la coupe commune dont les époux boivent trois gorgées, puis la procession trois fois autour d’un petit lutrin portant l’Évangile et la croix, que l’on appelle la « danse d’Isaïe ». Les garçons d’honneur suivent avec des cierges.

Cette description provient de paroisses orthodoxes contemporaines et vaut pour le rite en général ; la pratique impériale russe de 1894, avec les couronnes tenues au-dessus des têtes, est, elle, documentée précisément. Nous distinguons donc deux niveaux de certitude.

Les invités, la tenue exigée et le tableau de Tuxen

Parmi les invités étrangers figurent le roi Christian IX de Danemark, en tête des parents étrangers, le roi Georges Ier de Grèce et la reine Olga, le prince et la princesse de Galles, le duc d’York, le duc et la duchesse de Saxe-Cobourg-Gotha, Ernest-Louis de Hesse, frère d’Alix, la princesse Irène et le prince Henri de Prusse. Le corps diplomatique est invité à voir la procession. Plusieurs invités représentent un souverain absent : le prince et la princesse de Galles tiennent la place de la reine Victoria, la princesse Irène et le prince Henri de Prusse celle de l’empereur d’Allemagne, et le prince héritier de Roumanie celle du roi des Roumains. Le mariage est ainsi, aussi, un rendez-vous de la diplomatie dynastique européenne, quelques semaines après un changement de règne.

La tenue est réglée avec précision :

  • les hommes russes portent l’uniforme de leur régiment ;
  • les fonctionnaires, l’uniforme de la Table des rangs ;
  • les dames russes, la grande tenue de cour ;
  • les étrangères, la robe du soir.

Le peintre danois Laurits Tuxen a laissé du mariage deux versions peintes en 1895 : l’une à l’Ermitage, l’autre dans la Royal Collection britannique (RCIN 404465, intitulée « The Marriage of Nicholas II, Tsar of Russia, 26th November 1894 », et située dans la chapelle impériale du palais d’Hiver). La seconde est consultable sur le site de la Royal Collection Trust. Une gravure de W. H. Grove, d’après Tuxen et datée vers 1895, a ensuite diffusé la composition.

Après la noce : ni réception ni voyage

Il n’y a ni réception ni lune de miel, en raison du deuil de cour. Nicolas et Alexandra logent chez la douairière au palais Anitchkov, puis s’installent au palais Alexandre de Tsarskoïe Selo, résidence principale ultérieure du couple. Tsarskoïe Selo n’est donc pas un lieu de lune de miel, et Livadia est lié à la mort d’Alexandre III, pas à la noce.

Le palais Anitchkov, de l’impératrice Élisabeth aux Pionniers

Le palais Anitchkov, à l’angle de la perspective Nevski et de la Fontanka, est un édifice baroque construit de 1741 à 1754 pour l’impératrice Élisabeth, celle-là même qui avait marié Catherine II et Pierre III. Après son mariage de 1866, Alexandre III et Dagmar en font leur résidence pétersbourgeoise : Nicolas y a passé son enfance, et Alexandre III, devenu tsar en 1881, y préfère le séjour au palais d’Hiver. Après la révolution d’Octobre, le gouvernement bolchevique le nationalise et le transforme en musée municipal ; en 1934, il devient le Palais des Pionniers. Le palais est aujourd’hui peu accessible aux touristes, hormis un petit musée ouvert à certaines heures.

Dans une lettre à sa sœur écrite après la noce, Alexandra confie qu’elle n’arrive pas encore à réaliser qu’elle est mariée : vivant au milieu de la famille, elle se sent presque en visite. Elle ajoute, dans la même lettre, que son bonheur grandit chaque jour et qu’elle admire la tendresse de Nicolas envers sa mère (paraphrase d’une lettre citée par les biographes du couple). L’historien Robert Service juge que Nicolas et Alix ont été unis par un amour profond, romantique et jamais démenti, ce que les lettres des deux époux confirment tout au long de leur vie.

Les années suivantes confirment la gravité des débuts. Le couronnement a lieu à Moscou le 26 mai 1896 (calendrier grégorien) ; le 30 mai, la fête populaire de Khodynka tourne au drame, avec 1 282 corps recueillis sur le champ selon le décompte le plus bas, et un chiffre de 1 389 morts souvent cité. Olga naît le 15 novembre 1895 au palais Alexandre, Tatiana le 10 juin 1897 : quatre filles en six ans précèdent la naissance d’Alexeï, fils unique et héritier atteint d’hémophilie. Le premier œuf impérial de Fabergé réalisé pour Alexandra, l’Œuf au bouton de rose, date de 1895.

Le mariage de 1894 a ainsi un caractère particulier : il unit un tsar en deuil et une princesse luthérienne devenue orthodoxe vingt-quatre jours plus tôt, le 2 novembre, au lendemain de la mort d’Alexandre III.

Le destin tragique des époux

Nicolas II règne du 1er novembre 1894 à son abdication, en mars 1917, au moment de la révolution de Février. La famille impériale est alors placée en résidence surveillée, puis transférée à Iekaterinbourg.

Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, Nicolas II, Alexandra, leurs cinq enfants (Olga, Tatiana, Maria, Anastasia et Alexeï) et quatre membres de leur suite sont tués dans la maison Ipatiev à Iekaterinbourg, sous la direction de Iakov Iourovski, sur ordre du soviet régional de l’Oural : onze morts au total. Alexandra a 46 ans. Nicolas, Alexandra et trois de leurs enfants sont inhumés à la forteresse Pierre-et-Paul le 17 juillet 1998, quatre-vingts ans exactement après le meurtre. Ils ont été canonisés par l’Église russe hors frontières en 1981 et par l’Église orthodoxe russe en 2000, comme « passion-bearers » (porteurs de la passion).

Entre le mariage et ces événements, le couple a connu la gloire, puis la chute. Ce contraste donne à la noce de 1894 son relief : elle est célébrée dans un palais qui ne survivra pas à la dynastie, dans une chapelle fermée au culte en mai 1918.

Ce qu’il faut retenir

  • Date : 14 novembre 1894 (julien), 26 novembre (grégorien).
  • Lieu : la Grande Église du palais d’Hiver, reconstruction de Stasov du décor de Rastrelli.
  • Rite : orthodoxe, avec couronnes tenues au-dessus des têtes.
  • Marqué par le deuil : huit jours après l’inhumation d’Alexandre III, aucune réception, aucune lune de miel.
  • Points incertains : matière exacte de la robe, auteur du croquis, conservation de la robe à l’Ermitage.

Pour poursuivre dans l’histoire des cérémonies de la dynastie, le panorama des mariages de la Russie impériale réunit les quatre noces racontées sur ce site, de Catherine II à Nicolas II.

Questions fréquentes

Pourquoi le mariage a-t-il eu lieu si peu de temps après la mort d'Alexandre III ?

Les noces étaient prévues au printemps 1895. Nicolas aurait voulu se marier à Livadia avant les obsèques, mais ses oncles ont imposé Saint-Pétersbourg ; la date du 26 novembre, anniversaire de l'impératrice douairière, a été choisie pour alléger le deuil.

Alexandra a-t-elle porté du blanc ?

Elle portait une robe de cour russe, non une robe de style occidental. Les sources divergent sur sa matière : tissu d'argent selon ses mémorialistes, soie blanche à fleurs d'argent selon un autre site. Le voile en dentelle de Honiton venait de sa famille.

La couronne nuptiale d'Alexandra existe-t-elle encore ?

Oui, le musée Hillwood à Washington conserve une couronne nuptiale des Romanov, léguée en 1973 par Marjorie Merriweather Post. Sa fiche précise qu'Alexandra l'a portée à son mariage en 1894.

Y a-t-il eu un voyage de noces ?

Non. Le deuil de cour a empêché toute réception et toute lune de miel. Les jeunes mariés ont logé chez la douairière au palais Anitchkov avant de s'installer au palais Alexandre de Tsarskoïe Selo.

Qui a peint le mariage ?

Le peintre danois Laurits Tuxen en a laissé deux versions en 1895, l'une à l'Ermitage, l'autre dans la Royal Collection britannique.