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Mariage Princesse

Le mariage de Catherine II et de Pierre III en 1745 : des noces de cour sans amour

Russie impériale

Le 21 août 1745 (1er septembre grégorien), une princesse allemande de 16 ans épouse l'héritier de Russie dans l'ancienne église de Kazan. Récit d'une noce de cour dont l'un des époux devait détrôner l'autre.

Eau-forte de Grigori Katchalov montrant le feu d'artifice tiré sur la Neva à Saint-Pétersbourg pour les noces de Pierre et de Catherine en 1745
Grigori Katchalov, « Feu d'artifice des noces de Pierre et de Catherine », eau-forte, 1745 (Ermitage). Domaine public, via Wikimedia Commons.
C & P

Acte de mariage

Date
21 août 1745 (1er septembre 1745 dans le calendrier grégorien)
Lieu
Église Notre-Dame-de-Kazan, perspective Nevski, Saint-Pétersbourg
Robe
Robe de cour en glacé d'argent, broderie d'argent (musée de l'Armurerie, Kremlin)
Invités
Cour de l'impératrice Élisabeth ; mère de la mariée présente à Saint-Pétersbourg

Le 1er septembre 1745 selon le calendrier que nous utilisons, mais le 21 août pour la Russie d’alors, une jeune princesse allemande de seize ans épouse l’héritier du trône dans une église de cour de Saint-Pétersbourg. Elle s’appelle Sophie d’Anhalt-Zerbst et se nomme déjà Catherine Alexeïevna ; il s’appelle Pierre, il a dix-sept ans, et il sera un jour l’empereur Pierre III. Ce mariage dynastique voulu par l’impératrice Élisabeth est l’un des plus lourds de conséquences de l’histoire russe : la mariée deviendra Catherine II, la Grande, et c’est elle qui renversera son époux.

Les sources de première main sont rares et les récits populaires abondent. Cet article s’en tient à ce qui est établi, signale ce qui ne l’est pas, et laisse de côté les anecdotes sans appui. Il ouvre la série des noces Romanov que raconte notre panorama des mariages de la Russie impériale.

Une alliance voulue par l’impératrice Élisabeth

Pour comprendre cette noce, il faut d’abord regarder qui la décide. Le mariage de 1745 n’est pas l’affaire de deux familles : c’est un acte de gouvernement, pris par une souveraine qui veut assurer sa succession.

Le trône et les deux familles

Élisabeth Petrovna, fille de Pierre le Grand et de Catherine Ire, règne depuis le 6 décembre 1741 (calendrier grégorien) et régnera jusqu’à sa mort, le 5 janvier 1762. Elle choisit pour successeur son neveu Pierre, né à Kiel le 21 février 1728, fils d’Anna Petrovna, fille de Pierre le Grand morte de la fièvre puerpérale, et du duc Charles-Frédéric de Holstein-Gottorp. Pierre est duc de Holstein-Gottorp depuis 1739. En 1742 il devient héritier présomptif de deux trônes à la fois, celui de Russie et celui de Suède ; sa conversion à l’orthodoxie le prive du second.

Il faut à ce jeune homme une épouse, et l’impératrice la cherche dans la parenté même de Pierre. Sophie d’Anhalt-Zerbst, née à Stettin le 2 mai 1729, est la fille du prince Christian-Auguste d’Anhalt-Zerbst et de la princesse Johanna-Elisabeth de Holstein-Gottorp : les biographes la présentent comme une cousine éloignée de Pierre. Son père est un prince d’Empire de rang modeste, loin des grandes couronnes d’Europe.

Une mère trop remuante

Élisabeth connaît bien cette famille. Elle avait été destinée à épouser Karl August de Holstein-Gottorp, frère de Johanna, mort de la variole en 1727 à Saint-Pétersbourg, peu avant les noces. Le souvenir de ce fiancé perdu explique en partie la sympathie qu’elle montre à la jeune Sophie.

Johanna, elle, accompagne sa fille en Russie et s’immisce dans les affaires de la cour. Ses intrigues la conduisent à un conflit ouvert avec l’impératrice, qui finira par l’expulser, soupçonnée d’espionnage au profit de Frédéric II de Prusse. Les biographes rattachent aussi le choix de Sophie aux rivalités d’influence entre Berlin, Vienne et le chancelier Bestoujev. Nos sources ne permettent pas de démêler ces intrigues : nous ne les détaillons pas.

Deux calendriers pour une même noce

La Russie utilise le calendrier julien jusqu’en février 1918. Au XVIIIe siècle, l’écart avec le calendrier grégorien est de onze jours. Lorsque les biographies anglo-saxonnes écrivent « 21 août 1745 » sans autre précision, il s’agit donc d’une date julienne. Dans la suite de ce texte, chaque date russe est donnée dans les deux calendriers lorsque le contexte l’exige.

Événement Calendrier julien Calendrier grégorien
Conversion de Sophie à l’orthodoxie 28 juin 1744 9 juillet 1744
Mariage 21 août 1745 1er septembre 1745
Mort de Pierre III 6 juillet 1762 17 juillet 1762
Mort de Catherine II 6 novembre 1796 17 novembre 1796

Une erreur fréquente consiste à écrire que Pierre III est mort le « 17 juillet julien », ce qui donnerait le 28 juillet grégorien : le 17 juillet 1762 est bien la date grégorienne.

Deux adolescents, une conversion et un portrait double

Sophie se convertit à l’orthodoxie le 28 juin 1744 selon le calendrier julien, devient Catherine Alexeïevna, et ses fiançailles sont célébrées le lendemain. Elle a quinze ans. Pierre, de son côté, a survécu à la variole à seize ans, et la maladie a laissé sur son visage des marques que plusieurs biographes jugent profondes.

Sa mère, Johanna-Elisabeth, séjourne à Saint-Pétersbourg pendant les préparatifs, comme le rapportent les Mémoires de Catherine. Son père, Christian-Auguste d’Anhalt-Zerbst, ne fait pas le voyage de Russie pour les noces. Aucune liste nominative des invités n’a été retrouvée : on ne peut donc pas écrire qui se tenait dans l’église, au-delà de la cour de l’impératrice et de la famille proche.

Un portrait double des fiancés, vers 1745, est attribué à Georg Christoph Grooth ; le Musée russe, qui le conserve, en doute l’attribution, ce qui rappelle combien l’iconographie de ce mariage reste incertaine.

Portrait double de Pierre et de Catherine vers 1745
Pierre et Catherine vers 1745, portrait attribué à Georg Christoph Grooth (attribution mise en doute par le Musée russe). Domaine public, via Wikimedia Commons.

Dans ses Mémoires, Catherine écrit que « le 21 août fut fixé par l’Impératrice pour cette cérémonie » et que « les noces se firent avec beaucoup de pompe et de magnificence » (texte français des Mémoires, édition Herzen de 1859, disponible sur Project Gutenberg). La phrase est brève, presque administrative : l’événement est celui d’une cour, pas d’une jeune fille. Il faut ajouter une réserve de méthode : ces Mémoires sont écrits par une souveraine qui a renversé son époux, et Catherine y plaide aussi sa propre cause. Elle en a laissé la version finale à son fils Paul, selon les biographes ; le texte doit donc se lire comme un témoignage précieux, mais jamais comme un constat neutre.

L’église de Kazan, et non la cathédrale que l’on visite

Le lieu est l’un des pièges de ce mariage. Les noces sont célébrées dans l’église Notre-Dame-de-Kazan de Saint-Pétersbourg, sur la perspective Nevski. C’est une église de cour baroque, à coupole de bois, consacrée en juin 1737 (le 13 juin selon le calendrier julien, le 24 selon le grégorien) et devenue cathédrale de Kazan sous Élisabeth. On y avait déjà marié Anna Leopoldovna en 1739 ; on y marie Pierre et Catherine en 1745.

Cette église n’est pas l’imposante cathédrale de Kazan, avec sa colonnade, que les visiteurs découvrent aujourd’hui : celle-ci, due à Voronikhine, a été construite entre 1801 et 1811 à la place de l’ancienne, démontée à la consécration de la nouvelle. L’identité de l’architecte de l’église de 1737 reste incertaine : le nom de Zemtsov a été proposé en 1911 sans document à l’appui, celui de Trezzini a été avancé par un archéologue.

Le rite que l’on y célébrait

De la liturgie exacte de 1745, aucune relation détaillée n’est parvenue jusqu’à nous. On peut seulement rappeler, d’après la description qu’en donnent des paroisses orthodoxes contemporaines, la structure générale du mariage orthodoxe, qui associe deux offices accolés. Le premier est celui des fiançailles : bénédiction et échange des anneaux, répétés trois fois. Le second est le couronnement : le prêtre couronne l’époux, puis l’épouse, avant la coupe commune et la triple procession autour du lutrin portant l’Évangile et la croix. Cette trame vaut pour le rite en général ; elle n’autorise pas à décrire, geste par geste, ce que virent les invités de Pierre et de Catherine.

Une noce, deux palais d’Hiver

Il y a un second anachronisme à écarter. Ni la Grande Église du palais d’Hiver, consacrée en 1763, ni la salle de Malachite, créée à la fin des années 1830, n’existaient en 1745. Le palais d’Hiver actuel, œuvre de Rastrelli, n’était pas encore construit : le banquet et le bal se sont tenus dans un palais d’Hiver antérieur.

La Grande Église, dite cathédrale de l’image du Sauveur non faite de main d’homme, n’est commencée que le 14 octobre 1753 (julien), huit ans après le mariage. Son intérieur est confié à Rastrelli, avec une iconostase à trois niveaux, et elle est consacrée le 12 juillet 1763 par l’archevêque Gavriil Kremenetski. Un incendie, en décembre 1837, détruit la plupart des intérieurs ; Vassili Stasov reconstruit l’église fidèlement et elle est de nouveau consacrée le 25 mars 1839. Fermée au culte en mai 1918, elle est devenue salle d’exposition de l’Ermitage et a été restaurée entre 2012 et 2014. Ce que le visiteur voit aujourd’hui est donc une reconstruction de Stasov du décor de Rastrelli, et non ce que Catherine a connu.

Ces deux salles serviront pour les noces ultérieures de la dynastie, comme celles de Nicolas II et d’Alexandra Feodorovna en 1894.

La robe : du glacé d’argent, pas du brocart

Le musée de l’Armurerie du Kremlin conserve une robe de mariage de la grande-duchesse Catherine Alexeïevna, datée de 1745. La légende de la collection la décrit en glacé d’argent (le « glazet »), un tissu de soie métallisée, avec une broderie d’argent. Cette précision compte : on lit souvent « brocart d’argent », qui désigne une autre étoffe, et il ne faut pas la confondre avec la robe de couronnement de 1762. La légende de la collection rattache le vêtement à la grande-duchesse Catherine Alexeïevna et à l’année 1745 : il s’agit bien de la robe de la jeune mariée, non de celle de l’impératrice qu’elle deviendra.

Le créateur de la robe n’est pas connu. Un blogueur russe affirme que Catherine elle-même la jugeait « très lourde » et brodée d’argent à toutes les coutures, mais le passage n’a pas été retrouvé dans l’édition des Mémoires que nous avons lue : nous ne le citons donc pas. Quant aux bijoux, à la couronne et aux anneaux (certains récits parlent de 50 000 tchervontsy), ils viennent de biographies secondaires sans inventaire et ne sont pas repris ici.

Cortège, fêtes et feu d’artifice sur la Neva

Selon une notice biographique consacrée à Pierre III, le cortège part du palais d’Hiver, escorté de gardes à cheval, de pages et de dignitaires, tandis que des salves de canon sont tirées depuis la forteresse Pierre-et-Paul et l’Amirauté. Cette source est unique et non référencée, nous la donnons à titre indicatif.

Les réjouissances qui suivent, toujours selon cette même notice, comprennent un banquet d’État et un bal avec des décors de Rastrelli (tables ornées de fontaines et de cascades, vases, citronniers), des mascarades et des opéras. Leur durée varie selon les sources : neuf à dix jours.

Un document de première main subsiste : l’eau-forte du feu d’artifice tiré sur la Neva, gravée par Grigori Katchalov et conservée à l’Ermitage (inv. ЭРГ-3622, 48 x 59,8 cm). Elle est reproduite sur la fiche Wikimedia Commons de l’œuvre. Attention aux illustrations trompeuses : une image très diffusée, intitulée « mariage de Pierre III et de Catherine II, feu d’artifice », montre en réalité le feu d’artifice tiré à Zerbst, et non celui de Saint-Pétersbourg.

Le soir des noces, puis Oranienbaum

Le soir des noces

Catherine raconte elle-même son entrée dans la vie de couple. Dans sa chambre, elle trouve Mme Krause, que l’impératrice vient de nommer sa première femme de chambre. Ses autres femmes sont consternées : il leur a été interdit de lui parler à voix basse. Le grand-duc, de son côté, ne s’occupe pas d’elle (récit tiré de la traduction anglaise des Mémoires).

On répète volontiers que la nuit de noces n’aurait pas été consommée. L’affirmation n’est pas établie : aucune source primaire ne la confirme. Nous ne la reprenons pas.

Oranienbaum, la résidence de la jeune cour

Il n’y a pas de lune de miel. Le couple reçoit la jouissance de deux résidences, Oranienbaum, près de Saint-Pétersbourg, et Lioubertsy, près de Moscou, et s’installe à Oranienbaum, résidence de la « jeune cour ». C’est de là, selon les biographes, que le couple administre le petit duché de Holstein-Gottorp, dont Pierre est le souverain : un apprentissage du pouvoir en miniature. Cette petite ville, devenue Lomonossov, se trouve à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de la capitale, sur la côte sud du golfe de Finlande. Le palais qu’il y occupait est le seul des grandes résidences des environs de Saint-Pétersbourg à n’avoir pas été pris par les armées allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale.

Quelques repères pour mesurer l’écart avec les mariages royaux plus récents :

  • aucune réception privée ni voyage : la noce est une cérémonie de cour entièrement publique ;
  • une mariée de seize ans, convertie à l’orthodoxie un an plus tôt et devenue Catherine Alexeïevna ;
  • un époux de dix-sept ans, duc de Holstein-Gottorp avant d’être héritier de Russie ;
  • un mariage dynastique voulu par l’impératrice Élisabeth.

La vie conjugale ne tient pas les promesses de la noce. Le couple attend neuf ans son premier enfant : Paul naît au palais d’Hiver en octobre 1754. Une fille, Anna, née en 1757, ne vit que quelques mois et meurt en 1759. Paul reste donc le seul enfant du couple à survivre.

Robe de mariage de Catherine en glacé d'argent, musée de l'Armurerie du Kremlin
La robe de mariage de Catherine (1745), musée de l'Armurerie du Kremlin. Photographie de Ramón (2005), CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons.

Ce que l’on ignore

Plusieurs détails qui circulent sur ce mariage ne reposent sur aucune source ouverte :

  • le nom de l’officiant : on lit parfois « l’évêque de Novgorod », sans qu’aucun document le confirme ;
  • les bijoux prêtés par l’impératrice et la forme exacte de la couronne nuptiale de 1745 ;
  • la liste des invités ;
  • le déroulement précis de la nuit de noces.

Mieux vaut laisser ces blancs que les combler par des récits d’agrément. C’est la règle que s’impose ce site : ce qui n’est pas vérifié n’est pas publié.

Deux destins et un héritier

Pierre est empereur du 5 janvier au 9 juillet 1762, soit 186 jours. En juillet 1762, il séjourne à Oranienbaum avec ses courtisans holsteinois tandis que Catherine réside dans un autre palais voisin : c’est de là que part le coup d’État qui le renverse. Il abdique, est transféré à Ropcha et meurt le 17 juillet 1762 (6 juillet julien), à 34 ans. La cause officielle, après autopsie, est une colique hémorroïdale et une attaque d’apoplexie ; un assassinat, dont on soupçonne Alexeï Orlov, a été évoqué mais les circonstances ne sont pas établies. Il est d’abord inhumé au monastère Alexandre-Nevski, puis ses restes sont transférés à la forteresse Pierre-et-Paul en 1796.

Catherine est couronnée le 22 septembre 1762 et règne jusqu’à sa mort, le 17 novembre 1796 (6 novembre julien), au palais d’Hiver, à 67 ans. Elle est inhumée à la forteresse Pierre-et-Paul. À Oranienbaum même, elle fait élever de 1762 à 1766 le palais chinois, œuvre de l’architecte italien Antonio Rinaldi dans le goût de la chinoiserie : la résidence de la jeune cour devient ainsi, sous son règne, un lieu de plaisance personnel.

Que reste-t-il de cette noce ? Surtout des objets et des lieux dispersés, que l’on peut aujourd’hui retrouver :

  • la robe en glacé d’argent, au musée de l’Armurerie du Kremlin, à Moscou ;
  • l’eau-forte de Katchalov, à l’Ermitage de Saint-Pétersbourg ;
  • le portrait double attribué à Grooth, au Musée russe ;
  • le palais chinois d’Oranienbaum, élevé plus tard par Catherine devenue impératrice ;
  • les Mémoires de Catherine, qui restent le récit le plus direct du jour des noces.

À Kiel, ville natale de Pierre, un monument lui a été érigé en 2014, présenté comme le premier qui lui soit consacré : la postérité de l’époux vaincu connaît ainsi, deux siècles et demi plus tard, une forme de réhabilitation.

Les chiffres de cette union tiennent en quelques lignes :

  • 16 ans pour elle, 17 ans pour lui ;
  • onze jours d’écart entre les deux calendriers ;
  • neuf à dix jours de fêtes, selon les sources ;
  • 186 jours de règne pour Pierre III (du 5 janvier au 9 juillet 1762) ;
  • trente-quatre ans de règne pour Catherine II (1762-1796).

Le mariage de 1745 n’est pas une noce romantique mais il est fondateur : c’est de cette union que naît Paul, le seul enfant du couple à survivre. Il montre aussi comment la cour russe, au milieu du XVIIIe siècle, fait d’une princesse étrangère une souveraine en puissance en changeant son nom, sa religion et sa vie. Ce modèle, la conversion et le changement de nom de la fiancée, sera repris pour Dagmar de Danemark (mariage d’Alexandre III en 1866) et pour Alix de Hesse.

Pour comprendre ce qu’étaient devenues les noces impériales un siècle et demi plus tard, avec leur rite orthodoxe, leur couronne nuptiale et leur tenue de cour, on peut lire l’entretien avec une historienne du cérémonial des noces impériales russes.

Questions fréquentes

Catherine II s'est-elle mariée dans la cathédrale de Kazan que l'on visite aujourd'hui ?

Non. La cathédrale actuelle, œuvre de Voronikhine, date de 1801-1811. Les noces de 1745 ont été célébrées dans l'église de cour construite sous Élisabeth, démontée lorsque le nouvel édifice a été consacré.

Pourquoi trouve-t-on deux dates, 21 août et 1er septembre ?

La Russie suivait alors le calendrier julien, en retard de 11 jours sur le calendrier grégorien en usage en France. Le même jour s'écrit donc 21 août en Russie et 1er septembre à Paris ou à Londres.

Catherine et Pierre sont-ils partis en voyage de noces ?

Aucun voyage n'est documenté. Le couple a reçu la jouissance des résidences d'Oranienbaum et de Lioubertsy et s'est installé à Oranienbaum, résidence de la jeune cour.

Quel âge avaient les mariés ?

Catherine venait de fêter ses 16 ans, Pierre en avait 17. Elle était née à Stettin en 1729, lui à Kiel en 1728.

Que sont devenus les deux époux ?

Pierre III a régné quelques mois en 1762 avant d'être renversé et de mourir à 34 ans. Catherine lui a succédé et a régné jusqu'à sa mort en 1796, à 67 ans.